Avec ses équipes et un réseau de partenaires, Regency conçoit des plans de mobilité, avec une ambition forte : réduire l’empreinte des déplacements, sans sacrifier l’expérience des participants.
1001 SallesPro : On dit souvent que le transport est « un détail logistique ». Êtes-vous d’accord ?
Myriam Laissy : Non, et c’est précisément le problème. On le traite parfois trop tard, comme un poste d’exécution. Or, le transport des participants est souvent le premier et le dernier temps de rencontre avec l’événement, et donc avec la marque ou l’entreprise qui l’initie. Concrètement, la première personne que votre invité voit, c’est parfois le chauffeur. La dernière, aussi. Cette « parenthèse mobilité » encadre l’émotion globale : accueil, fluidité, confort, sentiment d’attention… ou, à l’inverse, stress, attente et incohérence.
1001 SallesPro : Pourquoi la mobilité doit-elle devenir un sujet RSE prioritaire pour les organisateurs ?
Myriam Laissy : Parce que, dans l’événementiel, transports et transferts concentrent 80 à 90% des impacts carbone. On peut faire tous les efforts possibles sur la scénographie, la restauration ou les goodies : si la mobilité n’est pas travaillée, on passe à côté du gros du sujet. Et puis, au-delà du carbone, il y a l’air, le bruit, les congestions… et le vécu des participants.
1001 SallesPro : Par où commencer, sans tomber dans le greenwashing ?
Myriam Laissy : Par une logique simple : mesurer, éviter, réduire. Et seulement ensuite, contribuer quand on ne peut pas faire autrement. Première étape : penser un plan de mobilité en amont (lieu, hébergements, points de pick-up, horaires, contraintes d’accès, rotation…). Ensuite, on arbitre : véhicules, mutualisation, kilomètres à vide et formation des conducteurs.
1001 SallesPro : Les véhicules « plus propres », c’est la solution ?
Myriam Laissy : C’est une partie de la solution, mais pas une solution unique. Oui, il faut accélérer vers des motorisations plus propres. D’ailleurs, notre cap est explicite : viser 100% de véhicules « green » à Paris en 2030, et 100% en France en 2035. Mais la réalité de terrain est parfois plus complexe : l’infrastructure de recharge, l’autonomie réelle des véhicules, la météo, l’altitude, les temps de charge… Sur certains formats, la meilleure volonté ne suffit pas, surtout si l’écosystème local ne suit pas.
1001 SallesPro : Au-delà des véhicules, quel levier est le plus sous-estimé ?
Myriam Laissy : L’optimisation des kilomètres. C’est le nerf de la guerre. Un exemple : choisir un chauffeur à proximité du point de prise en charge ou de dépose peut faire baisser le bilan carbone de plus de 50%, parce qu’on réduit les kilomètres « à vide ». Ça passe donc par une planification fine, des enchaînements intelligents, des repérages, et une anticipation des accès pour éviter les tours inutiles. Et ça passe aussi par l’animation d’une communauté de partenaires locaux engagés, parce qu’il n’est pas question de faire voyager « à vide » notre flotte parisienne, en France ou à l’étranger.
1001 SallesPro : Et le transport collectif, dans tout ça ?
Myriam Laissy : C’est un levier majeur, surtout sur les séminaires et conventions : vans, minibus, autocars, points de regroupement, rotations… On peut gagner beaucoup en impact et en confort opérationnel. Dans notre démarche, on construit des scénarios par type de véhicules, en fonction des motorisations et des rotations nécessaires, puis on calcule un bilan carbone prévisionnel, enfin on le met à jour après l’événement.
1001 SallesPro : Le rôle des chauffeurs est central dans votre discours. Pourquoi ?
Myriam Laissy : Parce qu’ils sont au contact et qu’ils influencent tout : ponctualité, sécurité, attention, discrétion… et aussi l’empreinte. L’écoconduite, à elle seule, peut faire baisser de 25% l’impact. On oublie parfois que la RSE, ce n’est pas seulement une motorisation, c’est aussi un comportement, des routines (moteur coupé pendant les standby, conduite souple, anticipation…) et une culture du service.
1001 SallesPro : Comment concilier sobriété et expérience premium ?
Myriam Laissy : En arrêtant d’opposer les deux. La sobriété bien pensée, c’est souvent plus de fluidité, moins d’attente, moins de stress. Et l’expérience premium, ce n’est pas « plus de véhicules » : c’est « le bon véhicule au bon moment », avec le bon niveau d’information et d’accueil. Notre obsession, c’est que le transport soit un moment cohérent avec le message de l’événement. Parce que, oui, notre service est souvent le premier et le dernier contact avec l’événement. Comme dirait l’autre, on n’a pas deux chances de faire une bonne première et dernière impression !
1001 SallesPro : Votre message final aux organisateurs de séminaires et d’événements ?
Myriam Laissy : Traitez la mobilité comme une mise en scène : c’est un acte de communication, pas seulement un transfert. Et rappelez-vous que la marche arrière est impossible : les attentes vont s’intensifier, et c’est une bonne nouvelle si on fait du transport un terrain d’innovation et de cohérence.








